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La Création au quotidien

C’est la première chose qu’on demande à un écrivain : où trouves-tu tes idées ?

Je n’ai tout d’abord jamais cru à l’image de l’écrivain, devant une page blanche, frappé par un éclair de génie et commençant à écrire directement son histoire sans avoir travaillé son sujet en amont.  

Que ce soit pour un roman, un conte ou un recueil de poésie, tout commence par un flash : une idée me traverse l’esprit à la manière d’une étoile filante. « Ce serait bien d’écrire une histoire / des poèmes sur tel sujet. » Lorsque cela survient, je ne m’empresse pas décrire cette idée sur papier : bien au contraire. Je la laisse là, libre, dans mon esprit. Parfois je l’oublie; ça voulait simplement dire que ce n’était pas une si bonne idée. Si elle me trotte encore en tête après 15 jours ou un mois, alors je commence à m’y intéresser. Je pense à la forme que cette idée pourrait prendre. Pour un roman, je pense à des personnages. Des péripéties. Des dialogues. Pour un poème, c’est plus à des métaphores, des comparaisons ou à des liens quelconques entre les éléments que je pense. Mais, toujours, je n’écris rien. Je laisse encore le tout libre de vagabonder dans mon esprit.

Un autre mois, deux, voire trois peuvent passer. Si l’idée est encore là, alors c’est certain qu’elle était bonne. Et alors là, ça vaut la peine de s’y attarder. 

Je commence à jeter des idées sur une feuille, pêle-mêle, sans aucune références temporelles; je ne fais que me poser la question : qu’est ce qui pourrait se passer dans une telle situation ?  Seulement ensuite je mets ces idées dans un certain ordre, j’en retire certaines, j’en rajoute, et j’aboutis enfin à mon plan.

Et puis vient le premier jet. La partie la plus facile du travail. C’est simple : ça ne consiste qu’à mettre de la chair sur le squelette qu’est le plan détaillé. Comme j’ai déjà toutes les péripéties et retournements de situation en tête, je n’ai qu’à écrire, sans surprise et sans syndrome de la feuille blanche.

Une fois ce premier jet terminé, j’imprime le tout et le vrai travail d’écriture commence. Écrire, c’est réécrire. Je biffe, je fais des corrections, de légers ajouts, ou de légers retranchements… Je peux passer un après-midi complet sur une phrase parce qu’elle ne sonne pas assez bien à mon goût. Quand les pages sont bien remplies d’encre bleu que j’utilise pour me corriger, je rentre toutes les corrections à l’ordinateur.

N’allez surtout pas croire que ça s’arrête là. Après avoir corrigé tout mon texte à l'ordinateur, je fais à nouveau imprimer, et je recommence a réécrire mon texte. Ce jeu de corrections / réimpressions peut être recommencé trois, quatre, cinq fois même. Jusqu’à ce que je sois satisfait de l’ensemble.

 

Voilà comment je procède. Et je ne ferais pas autrement : j’ai vraiment, alors, la satisfaction du travail accompli. 

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