Charlot et le puits aux miracles
(Extraits)

Charlot et son nouvel ami Etnaxios, le jeune Titep, arrivaient à la toute fin du pré verdoyant, à la limite du désert de sel. On aurait dit que quelqu’un avait découpé au couteau la frontière entre les deux : la limite était clairement définie entre ces lieux.
Ils en avaient maintenant pour deux jours de marche difficile à travers le terrifiant désert de Sel. Le Puits aux Miracles se situait exactement en son centre. Afin de s’y rendre sans embûche – et afin d’être certain de trouver l’endroit exact du fameux Puits – Charlot et Etnaxios devaient toujours suivre l’endroit exact où se couche le soleil.
(…)
Le Seigneur Auguste veillait sur Charlot depuis sa plus tendre jeunesse : Charlot avait été abandonné par ses parents, le long d’une route de grand chemin. C’est, comme nous le savons tous, le Seigneur Auguste qui l’avait recueilli et qui lui avait fourni gîte et nourriture depuis. Il s’était toujours conduit comme un despote envers Charlot, mais aujourd’hui, pour la première fois, se sentait bien seul sans son jeune protégé :
- S’il lui arrivait quoi que ce soit, je ne me le pardonnerais jamais, Merlin !
- Mais voyons, Seigneur, ne vous inquiétez donc pas… Charlot nous a déjà prouvé à maintes reprises qu’il a le courage et la détermination pour réussir une telle entreprise…
- Vous avez sans doute raison, Merlin. Mais il en est toujours ainsi : on s’aperçoit que les gens nous sont proches lorsqu’ils s’éloignent de nous.